Le sourire blanc de la ménagère Moulinex des années 50 se mêle aux rythmes électroniques d’une époque où les femmes dansent impunément en minijupe. Les ouvrières se jouent des contraintes domestiques, déstructurent les gravures de mode. Le son de l’accordéon vient perturber la cadence harassante de la chaîne de montage.
Et si finalement les produits en série sortaient tous différents ? Et si chaque geste répété machinalement par les ouvrières était soudain investi d’une force de création ? Notre regard changerait-il ?

Les Canapés Décalés : voilà un projet qui nous ressemble dans sa façon de dire que même si les gens marchent de plus en plus vite, il existe encore un moment pour l’humain, le partage et la création artistique.

Création 2009
Conception du projet, écriture, mise en scène,scénographie et costumes / Cie Akalmie Celsius

Distribution et jeu / Aurore Degoit, Manon Delage, Hannah Devin, Nina Gazaniol et Coline Trouvé (en remplacement de Léa Desaunay et Jeanne Landolfi)

C’est l’histoire d’une usine installée dans la rue ; une usine insolite nichée sur n’importe quelle place publique, au coin de n’importe quelle rue, ville ou village. Elle fonctionne avec les passants et l’environnement extérieur qui l’accueille. Le coeur de son mécanisme bat grâce aux objets tombés des greniers, récupérés sur les trottoirs. Canapés vétustes, abat-jour d’un autre temps reprennent une activité poétique. Notre usine actionne ce principe de détournement des objets, des corps. Six ouvrières, fines travailleuses en robes Vichy, font tourner ce spectacle industriel, ce ballet mécanique. Elles tentent inlassablement de transmettre la perception physique de ces usines en marche. Il y a le "bang bang" régulier qui résonne, cette fois sur le bitume, et les bateaux en papier qui se fabriquent à la chaîne. Six femmes qui tentent de détourner la forme du labeur, les corps au travail, les cadences, les objets de production, et d’infiltrer une part d’extravagance dans la froideur des matières et des rouages.

LES CANAPÉS DÉCALÉS